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la garde mobile
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Carnets d'un infirmier d'une guerre oubliée.

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À l’invitation de sa tante, un jeune homme passe des vacances au cours de l’été 1870 à la Motte-Servolex, petit bourg situé près de Chambéry, en Savoie. Il va être surpris par la déclaration de guerre franco-allemande. Ne pouvant plus rentrer dans son village natal : Vyans, situé en Franche-Comté, entre Héricourt et Montbéliard, il va s’engager dans la Garde mobile de Chambéry.

Après la défaite de l’armée impériale, les Mobiles (jeunes gens refoulés du service actif et basculés dans la Garde nationale), constituaient la réserve de la Nation, seule ressource disponible du gouvernement provisoire de la République, afin de poursuivre la guerre.

Le héros du roman qui n’a pas l’âge de la conscription au moment des faits, va néanmoins être enrôlé comme infirmier. Rejoignant le Ier bataillon de Savoie qui se bat en Franche-Comté, il va fortuitement retrouver les siens et rencontrer l’amour d’une jeune fille. Son bataillon est commandé par un certain Albert Costa de Beauregard ; un marquis savoisien qui est grand républicain.

Les combats, à commencer par la bataille de Villersexel, vont se poursuivre pendant quelques jours dans la région de Montbéliard, le long d’un petit cours d’eau : la Lizaine.

À travers son personnage, l’auteur s’est attaché plus que tout à décrire les incommensurables souffrances et la misère des combattants, mal équipés, affamés et gelés qui, par un hiver exceptionnellement froid et rigoureux, allaient combattre dans l’armée de l’Est commandée par le général Bourbaki. Il a aussi volontairement éludé l’aspect stratégique des opérations, pour ne se consacrer qu’aux situations vécues par son héros. Néanmoins, pour la bonne compréhension des événements, il évoque en arrière-plan la chronologie des lieux et des combats. Suivons Alphonse Chevalier du petit village de Vyans,

dans son périple aventureux ...

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Carnet d’une courte campagne

de la Savoie à la Franche-Comté

(roman illustré)

  

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Un capitaine de mobiles de ma compagnie me tire de mon sommeil. Il vient de m’informer que des soldats sont tombés en embuscade avec des Badois à la lisière du bois Bourgeois et qu’il y a beaucoup de blessés dans une cabane.

À deux heures de la nuit, ma situation serait supportable sans cette injonction, à laquelle, en tant qu’ambulancier, je ne puis me soustraire. On ne discute pas les ordres !

Nous arrivons auprès de cette cabane faite de troncs d’arbres qui doit servir en temps ordinaire d’abri aux chasseurs et qui est actuellement encombrée de blessés appartenant à plusieurs unités de la division.

Cette ambulance improvisée ne possède ni médecins, ni médicaments. Un seul collègue de l’ambulance est là. Et quand je me décide à y entrer pour lui prêter main forte, je recule devant un spectacle digne de l’enfer de Dante. Un jeune lieutenant de mobiles est étendu en travers de la porte et je dois enjamber son corps pour pénétrer à l’intérieur où des voix déchirantes me supplient aussitôt de les débarrasser des cadavres. Là, comme à l'hôpital de Vyans, le misérable que torture la douleur a l’effroi mystérieux de l’Au-delà. Les vivants demandent qu’on expulse les morts et je participe un instant à la macabre corvée.

À tâtons, dans les ténèbres qu’éclaire par intervalles une flamme jaillie d’un tison qui nous sert de lanterne, des survivants éclopés vont à la recherche de ceux qui ont cessé de vivre. Ils franchissent les corps pantelants et posent leurs pieds avec précaution pour ne pas froisser les membres déchiquetés ou troués par la mitraille. Nous entendons les imprécations ou les cris de douleur des malheureux qu’ils ont heurtés sans le vouloir puis, une fois au dehors, ils empilent les cadavres par couches successives de six, alternées en sens contraire, ainsi qu’on fait des traverses de chemin de fer. Le tas lugubre grossit peu à peu et, avec le froid qui s’intensifie, tous les corps sont bientôt raidis et empilés comme des pièces de bois.

Dans l’antre sinistre, ce sont bientôt de nouvelles plaintes ; les uns réclament un médecin avec des accents déchirants ; d’autres blasphèment en maudissant le ciel, la patrie et ses chefs.

Je crie ma colère lorsque je m’aperçois qu’il n’y a qu’un infirmier régimentaire sur place et aussi que le médecin-major demandé ne soit pas encore arrivé. Il parvient enfin ; il a passé une bonne partie de la nuit dans le temple de Vyans à soigner les blessés ; ceux du moins qui ont pu s’y rendre individuellement, car à défaut de moyens de transport, les autres ont dû mourir sur  place, à l’exception de ceux qui ont été relevés par les ambulances badoises.

Il prend sa boîte de chirurgie qu’il dépose sur un sac près de l’entrée et, à la lueur d’une lanterne, il se met en devoir d’en sortir les instruments de torture. Bien que j’y sois maintenant habitué, la vue des pinces, des sondes, des ciseaux, des couteaux et de la scie d’amputation me fait toujours froid dans le dos, tandis que les gémissements cessent comme par enchantement dans la foule des patients qui redoutent à présent l’approche de celui qu’ils réclamaient si impérieusement tout à l’heure.

Il a apporté tout ce qu’il faut, tout, mais il ne possède qu’une petite quantité de chloroforme qui supprime la souffrance et qui nous fait tant défaut. Moi, il y a belle lurette que je n’en possède plus dans ma trousse de secours.

Il va donc opérer, mais avec la douleur et pour encourager les malheureux qui s’effarent, il leur rappelle que cinq millions de blessés ont été « vivisséqués » comme des porcs pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, sans l'intervention du bienfaisant anesthésique.

Habit bas, revêtu d'une blouse à défaut d’un tablier d'hôpital, les bras nus jusqu'au coude, de son scalpel aigu, il fouille les chairs pantelantes, extrait les projectiles arrêtés dans les tissus, taille, coupe, rogne et je perçois le bruit de la scie qui grince sur les os, au milieu des hurlements des patients. Quelques-uns expirent presque immédiatement entre ses mains et il crie : « Enlevez ! ».

   Deux volontaires les prennent aussitôt par la tête et par les pieds et les portent sur le funèbre échafaudage qui sert d'enseigne à cette anti-chambre de la mort. « À qui le tour maintenant ? » me dis-je ; et il passe au suivant, un jeune mobile de la Nièvre, presque un enfant, qui a l'épaule brisée par un éclat d'obus et qui appelle sa mère ... Les effets sur la chair produits par les obus font craindre une mort affreuse à des lieues de celle donnée par l'imagerie populaire où l'on meurt proprement dans son lit, juste après avoir in extremis recommandé son âme à Dieu ...

On extrait encore de la cabane des choses rouges, broyées, des mélanges de chairs sanglantes et de boue.

Je rentre à Vyans fourbu de fatigue. Au milieu et tout autour du village, des feux étaient allumés imprudemment, souvent pour réchauffer des pieds gelés, qu’il fallait ensuite souvent amputer …

Le sommeil cette nuit là, ne me viendra plus, traumatisé par le spectacle cauchemardesque des horreurs auxquelles je venais d’assister.


- oOo -


Si je n’ai pu dormir, cette même nuit était épouvantable pour tous les combattants arrêtés un peu partout, sans abris, souvent sans ravitaillement et qui se regroupaient comme à Vyans, officiers compris, autour de ces maigres feux de bivouac produisant plus de fumée que de chaleur, bien insuffisants en tous cas pour lutter contre un froid sibérien. En somme, comme les nuits précédentes …

Et au petit jour de la journée du 18, ça commence à causer dans les chaumières … Le résultat obtenu par l’armée de l’Est, il fallait bien en convenir, était pour ainsi dire nul.

J’avais entendu dire qu’à aucun endroit, nos armées avaient pu prendre pied sur la rive gauche de la Lizaine, sauf à Montbéliard, et encore, où nous nos troupes étaient arrêtées devant le château et la position de Grange-Dame.

Partout notre infanterie était heurtée à des obstacles sérieux, solidement organisés, intelligemment occupés et dont l’approche était bien battue par l’artillerie ennemie. Nos attaques décousues, manquant à la fois d’entente et de simultanéité, n’avaient été qu’insuffisamment protégées par nos batteries auxquelles le terrain ne fournissait pas de positions favorables, et elles avaient échoué devant l’ennemi que favorisait puissamment la judicieuse utilisation de ses réserves.

Enfin, par suite d’une organisation vicieuse des mouvements, l’intervention capitale de certaines de nos troupes s'était produite beaucoup trop tard ....




  

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1870 - 1871


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LA GARDE MOBILE EN 1870 ?

C'ETAIT QUOI ?


La réponse se trouve dans le libellé de la loi Niel du 1er février 1868 portant création d'une garde nationale mobile, afin de concourir comme auxiliaires de l'armée active à la défense des places fortes, villes, côtes, frontières de l'Empire et au maintien de l'ordre intérieur. Explication :

À cette époque où le patriotisme était très exacerbé, la conscription était un moment clé de la vie des jeunes gens. Elle fonctionnait à l'appui d'un tirage au sort. Ceux qui avaient tiré les bons numéros étaient incorporés dans l'armée active. C'était un grand honneur dans le contexte de l'époque et les conscrits faisaient 5 ans de service. Ceux qui n'avaient pas tiré les bons numéros étaient basculés dans la Garde nationale mobile. On pouvait aussi, par une sorte d'échange, se faire remplacer ; autrement dit, celui qui était « Bon pour l'armée » pouvait proposer sa prérogative à un conscrit moins chanceux et volontaire pour le service actif ; l'affaire se monnayait ... Les jeunes gens qui se trouvaient refouler dans le camp des mobiles effectuaient des exercices militaires 15 jours par an. Étaient ainsi mises sur pied des unités d'infanterie et d'artillerie correspondant aux circonscriptions de l'administration civile. En général, les cadres étaient choisis au sein de la notabilité locale avec le concours d’anciens militaires de tout grade. Les « Moblots » comme parfois on les appelait, étaient équipés par l'administration civile. Pour les uniformes, par exemple, la ville fournissait le drap. Il n'était pas rare de payer de ses deniers certaines fournitures et l’on s'enorgueillissait !! Administrativement, le tout était regroupé en unités départementales (exemple : mobiles du Doubs, de la Ht Saône, de la Loire, etc ..). L'ensemble au niveau de la Nation, une masse de réserve d’environ 600.000 hommes, permettait au gouvernement de multiplier (en théorie) par deux, les effectifs de son armée mise sur le pied de guerre. Mais l'application se révélait épineuse. Une importante difficulté : celle de l'instruction à donner régulièrement à toutes ces formations « civiles ». Le maréchal Niel, le créateur de la mobile, avait prévu (comme on l'a vu) 15 exercices annuels, chacun d'une durée de 24 heures. Ce programme déjà assez réduit, fut plus ou moins suivi. Lorsque le conflit éclata en juillet 1870, « La Garde mobile ne parvenant pas à s'organiser, ne figurait sur les registres que pour mémoire » (déclaration du maréchal Lebœuf, ministre de la guerre en 1870). Les Mobiles étaient médiocrement armés et entraînés. Les unités manquaient souvent de cohésion et d'instruction ; elles étaient encadrées et disciplinées d'une façon très variable mais presque toujours insuffisante. Or, deux mois après la défaite, la guerre impériale avait englouti les 9/10e de l'armée régulière. La Garde mobile se trouvait alors représenter à elle seule l'essentiel des forces armées françaises. C'est avec cette ultime ressource que la Nation, devenue républicaine, opposa à l'envahisseur une résistance prolongée durant cinq mois. Le courage, l'abnégation, l'héroïsme, en dépit de son impréparation à la guerre, sont à mettre au crédit de ces unités que l'on pourrait qualifier de paramilitaires. Les formations de mobiles disparurent après le conflit.

Par la loi du 21 mars 1905 (loi Jourdan-Delbel), le Ministre de la guerre, le général André, mit fin au tirage au sort et imposa un service militaire personnel et obligatoire pour tous d’une durée de 2 ans (au lieu de 3 depuis 1889). Toute dispense était exclue. Un sursis était possible dans certains cas. C’e fut la loi qui marqua l’origine du service national encore en vigueur sous la Vème République.



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